Par ses actions, Thierry Marceau met en scène une multitude d’images bien connues de tous. Ces images populaires sont remaniées dans des assemblages et enchaînements s’apparentant aux rêves, avec toute la liberté qu’elles offrent. Costumé, au centre de l’arène, l’artiste incarne ces multiples images et s’entourent de figurants pour compléter ses tableaux. Il s’applique à répondre à la situation dans laquelle il est plongé et détourne les attentes qui lui sont formulées. Entre cynisme et idiotie, il pousse l’autre à se compromettre. Les spectateurs n’ont d’autre choix que de se plier au jeu pour recevoir son attitude qui utilise, au même moment du spectacle, de l’humour et de la dérision. Avec ses interventions, l’artiste parvient à produire le rassemblement et à retenir l’attention, réunissant son public autour de lui qui, à son tour, est souvent appelé à se produire dans les gestes auxquels il l’entraîne. Thierry Marceau est en mouvement et déplace ainsi tout ce qui l’entoure... même ce que l’on croyait immobilisé à jamais.

Thierry Marceau tient un bâton.
Bâton sur lequel je m’appuie sagement pour cette longue marche, qui par moment frappe, par moment marque des buts. Bâton s’agençant à tous mes jolis costumes, qui eux sont choisis pour l’image qu’ils me permettront de projetter. Ces images ne sont que bouées, points de repère auquels s’accrocher, peu importe de quel fleuve le navigateur arrive. Elles sont des stéréotypes, des archétypes. Elles cristallisent une mémoire, celle qui parfois tente d’oublier. Elles suggerent sans nommer. Car nommée, une chose est rapidement arrêtée et désarmée. L’ambiguité, il n’y a que ça de vrai.
Je suis habillé d’un vêtement coupé à même un tissu social qui se froisse facilement. Sans perdre de temps à repasser, plis et replis m’offrent liberté de bouger. Je bouge, danse, cours; je sais faire des roulades. Tout le monde aime les roulades. Je pointe. Je témoigne. Je vois et fait voir. Chaque geste nous déplace. L’autre doit se prononcer, se compromettre. Tel Ulysse, j’opère et déconstruis tout de l’intérieur; on m’invite bêtement à entrer...

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Thierry Marceau poursuit des études de maîtrise en arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. Il a participé aux expositions Glissements. Art et écriture à la Galerie de l’UQAM et Bric à Brac à la Galerie Verticale. Son travail de performance et ses bandes vidéo ont également été présentées dans le cadre de nombreux événements au Québec tel que Nouvelle performance (Le lieu), VIVA! Art+Action (Dare-Dare) et 8 personnages... (Clark).

 

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